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Association pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire

Conceptions philosophiques au départ de la création de l’ association

Les conceptions philosophiques de nos adhérents peuvent être variées, et s’ils s’ engagent  dans l’ association en manifestant ainsi leur accord avec les Statuts, cela ne signifie pas nécessairement qu’ils sont d’accord avec toutes les implications philosophiques et éthiques qui ont présidé à la création de l’ association par ses trois membres fondateurs initiaux ( Le Dr Jean Guilhot , décédé en 2010, un an après la création de l’ association, Mme Claude HURY et moi-même, Armand Stroh ).

S’il y a probablement une majorité d’adhérents qui partagent jusqu’à un certain point notre point de vue philosophique fondamental concernant la « souveraineté de la personne sur elle-même », qui ne se limite pas simplement à la question du choix de la fin de vie, mais s’étend en principe à toutes les questions qui concernent la liberté du choix de tout ce qui concerne la personne elle-même, certains adhérents, qui sont d’accord pour une telle liberté de choix en ce qui concerne la fin de vie, ne le sont pas obligatoirement dans tous les domaines. Les explications qui suivent n’engagent donc pas tous les adhérents, ni l’ association en tant que telle ( dont les objectifs officiels précis sont inscrits dans les Statuts ).

Cependant, pour répondre à ceux qui voudraient connaître plus précisément les idées et les valeurs qui ont été motrices pour les fondateurs de l’ association, je ( Armand Stroh ) précise qu’en effet, la notion fondamentale est celle de « personne souveraine sur elle-même« :

C’est-à-dire qu’il existe un grand nombre de domaines où nous – les 3 « fondateurs » de l’ association – considérons que les instances juridiques collectives, notamment nationales, mais plus largement au niveau des législations européennes ou internationales, ne devraient pas intervenir sur le contenu des morales personnelles pour  interdire ou contraindre les personnes à certains types de comportements, mais seulement garantir leur LIBERTE radicale de conscience et l’ exercice de cette liberté personnelle partout où cet exercice ne met pas en cause la liberté équivalente d’autres « personnes ».

Autrement dit, pour les fondateurs de l’ association, c’est le MÈME COMBAT pour faire accepter l’ « Ultime Liberté » en matière du choix de sa fin de vie, qu’en matière de choix sexuels ( liberté de l’orientation sexuelle, liberté de choisir son genre ou son sexe, d’en changer, ou ne ne pas avoir de « genre », liberté d’établir un contrat de type « mariage » avec toute autre personne s’engageant elle-même librement dans un tel contrat  ),  liberté de procréer ou non – donc droit à la contraception et à l’ avortement, liberté de choisir les modalités de la procréation, à partir du moment où la liberté de l’ensemble des personnes concernées est garantie, etc.

Nous considérons donc qu’aucune « collectivité » ne devrait imposer ses lois à des personnes lorsque l’exercice de la liberté de ces personnes  n’a de conséquences réelles que sur elles-mêmes et ne porte pas atteinte à la liberté des autres personnes ( de façon très générale ).
C’est loin d’être la cas aujourd’hui. Nous vivons encore dans des sociétés fortement marquées par le poids non seulement de leurs traditions culturelles, mais aussi par une conviction politique et juridique encore fortement partagée d’une « souveraineté nationale », d’une « souveraineté du peuple », ou plus largement d’une « souveraineté politique » qui aurait en quelque sorte « tous les droits » sur la définition des libertés des personnes qui en sont les « citoyens »…

En matière de philosophie « politique et morale », nous considérons – et c’est une décision personnelle précisément « souveraine » – que les seules « souverainetés collectives » légitimes à nos yeux sont celles qui s’appuient sur la « souveraineté de principe de chaque personne sur elle-même ».

La Déclaration Universelle des Droits de l’ Homme de 1948, faisant suite à une longue évolution issue notamment des « Lumières », constitue un premier pas important de limitation des « souverainetés » des Etats-Nations ou de toute autre « communauté » qui prétendrait  imposer son fonctionnement collectif aux individus qui la composent, en reconnaissant un certain nombre de « droits et libertés fondamentales », liées aux personnes individuelles.

Il s’ agit pour nous de poursuivre cette longue conquête des droits et libertés des personnes humaines au nom d’une conception de l’ « Égale Liberté » dont une des expressions avait déjà été clairement énoncée dans l’ Article 4 de la Déclaration des Droits de l’ homme et du Citoyen du 26 août 1789 :

 « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ».

Remarque : Malgré la présence d’un noyau de valeurs philosophiques personnelles communes entre les 3 membres fondateurs initiaux,
ces trois personnes, s’appuyant précisément chacune sur sa propre liberté de pensée et d’action, avaient aussi des interprétations personnelles nuancées de ce noyau commun.
– Le Dr Jean Guilhot, psychiatre, décédé en 2010, avait derrière lui déjà une longue carrière d’ expression bibliographique de ses propres idées.

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