Aller à la barre d’outils
Association pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire

Lettre de « Monik »

Il a quatre vingt cinq ans, cet ancien noble notaire passionné est un ami authentique. Je suis pour lui une personne de confiance.

En ce mois de mars 2020 le printemps fleurit tristement dans une France confinée.
Un virus appelé covid 19 a isolé les habitants de la planète depuis déjà trois semaines et on ne sait jusqu’à quand les rues du monde resteront désertes.

Cet homme n’est pas inquiet. Il tousse un peu, s’essouffle vite et parfois transpire dans son lit la nuit.
Cela n’est sans doute qu’un de ces symptômes traitres que la vieillesse ajoute à des maux de plus en plus fréquents.

Il a toujours eu une santé plutôt insolente et pour ce qui est de son esprit, il pense jour et nuit, sans relâche.
Pour l’ancien Maître la pensée a pris toute la place que le temps de la retraite et le ralentissement du corps a laissé libre. Il prêche ses convictions humanistes avec la certitude des prophètes.

En ce moment il pense à l’inutilité des vieux comme lui quand la jeunesse est en danger de mort.
Il pense que ses nombreux contemporains qui s’étouffent dans leur lit d’hôpital n’ont peut être pas choisi de finir leur vie aussi violemment.
Ont ils pensé eux mêmes à donner des consignes dans le cas où ils se retrouveraient là, comme cela, aujourd’hui ? Sont ils culpabilisés d’occuper des appareils respiratoires dont le nombre est insuffisant au pic de l’épidémie ?
Trouvent-ils juste que des plus jeunes en soient privés quand, de toutes façons, lui, serait mort dans les cinq ans au plus au plus tard ?

Cet homme, qui de tout temps a été cohérent dans ses choix de vie, pense plus que jamais qu’il serait juste de s’effacer sur la pointe des pieds afin que ses petits enfants puissent vivre.

Il se révolte contre les gouvernements français successifs qui n’ont jamais eu le courage de légaliser le suicide assisté.

Non ! Il n’ira pas à l’hôpital si le mal parvient jusqu’à l’empêcher de respirer.
Il restera chez lui tant qu’il aura la capacité d’en décider, rassuré que, s’il ne peux s’exprimer, ses proches respecteront ses volontés.

Tant pis s’il meurt hors la loi, il en aura choisi librement le lieu et le moment.

Et moi, son amie moins tourmentée, je lui souhaite de rêver que la paix a envahi le monde.

Monik

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *