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Association pour la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire

Appel du 30 mars 2020 des associations Ultime Liberté, Le Choix et du Collectif « Pour une mort sereine »

Le texte de l’Appel

Les perspectives d’accroissement exponentiel de l’épidémie du Covid 19 conduisent à l’engorgement des hôpitaux par un afflux de patients en détresse respiratoire extrême.

D’ores et déjà la probabilité quasi-nulle de survie de certains malades très âgés et polypathologiques conduit à ne pas les mettre en réanimation afin de garder des places pour des patients ayant plus de chances de guérison.

Qu’est-il prévu pour que ceux qui sont écartés de la réanimation ne soient pas condamnés à une agonie longue et douloureuse ?

Nous recevons de nombreuses déclarations de personnes affirmant qu’elles ne souhaitent pas être mises en réanimation ou qu’en cas d’impossibilité de bénéficier d’une ventilation artificielle, elles demandent une fin « sans douleur ni angoisse ».

La sédation profonde et continue prévue par la loi est difficilement réalisable dans le contexte actuel, car elle nécessite d’importants moyens humains et médicamenteux.

Nous demandons donc solennellement que ceux qui en exprimeraient la volonté expresse, répétée et vérifiée (notamment par leurs directives anticipées) puissent bénéficier d’une aide médicale pour leur épargner une fin cruelle.

Dans ce contexte exceptionnel d’urgence, nous demandons au gouvernement d’autoriser pour ceux qui le souhaitent une sédation rapide et efficace qui évite les douleurs terribles de la suffocation, même au prix d’abréger la vie. Nous lui demandons aussi d’inciter chacun à écrire ses directives anticipées.

C’est en répondant aux volontés des patients que les décisions des soignants, déjà difficiles à prendre, pourront être rendues plus humainement supportables.

Il s’agit là d’une question d’humanité.

Les signataires de l’Appel :

Annie Babu et Denis Labayle coprésidents du CHOIX Citoyens pour une mort choisie.

Claude Hury Présidente d’ULTIME LIBERTE.

Le Collectif pour une mort sereine.

Commentaire de la rédaction du site Ultime Liberté :

( rédigé par Armand Stroh, ce n’est pas un commentaire officiel du C.A. )

La rédaction de ce texte d’Appel commun a été longue à construire, en raison des ajustements nécessaires entre les propositions des trois associations, mais surtout parce qu’à l’intérieur de chaque association il n’ y a pas eu d’accord spontané sur l’opportunité ou non de cet Appel commun pour mieux faire connaître les positions de ces associations concernant la révision nécessaire de la législation sur la fin de vie :

1. Certains ont pensé qu’un tel appel commun était une occasion pour demander dans l’urgence au gouvernement de réviser à titre exceptionnel les insuffisances de la Loi Cleys Leonetti de 2016, en particulier pour les personnes atteintes du Covid-19 et dont la situation médicale était jugée impossible à prendre en charge par une réanimation lourde, entraînant plus de risques encore qu’en les laissant finir « tranquillement » leur vie.
C’est sur cet aspect que certains auraient voulu absolument faire passer, éventuellement par ordonnance, la nécessité de permettre à ces patients de recourir, évidemment seulement à leur demande, à une forme ou une autre d’ « Aide active à mourir » ( suicide assisté ou euthanasie )

2. D’autres adhérents pensaient qu’il était inopportun, dans la situation de crise actuelle, où une grande majorité des malades atteints ne pense qu’à s’en sortir le mieux possible, de soulever dans l’urgence le problème du droit à une « Aide active à mourir », et qu’il valait mieux attendre que la crise sanitaire soit passée, pour relancer le débat politique sur la fin de vie.

Le texte finalement adopté de l’Appel, ne comporte plus l’ expression « aide active à mourir », ni même « aide médicale à mourir », mais parle seulement d’ « aide médicale » ( ce qui peut aussi convenir aux soins palliatifs, ou à toute autre procédure médicale compatible avec la Loi Claeys Leonetti actuelle ).
La phrase retenue demande donc au gouvernement « d’autoriser pour ceux qui le souhaitent une sédation rapide et efficace qui évite les douleurs terribles de la suffocation, même au prix d’abréger la vie. »
On peut donc interpréter cette phrase comme signifiant simplement une particulière insistance sur la légitimité du « double-effet » .

Dans ces conditions, il est pour nous regrettable que l’ADMD, dans sa globalité, et non pas seulement à travers le Collectif « Pour une mort sereine », n’ait pas cru acceptable de signer cet Appel commun.

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3 commentaires sur “Appel du 30 mars 2020 des associations Ultime Liberté, Le Choix et du Collectif « Pour une mort sereine »”